Jeudi 5 avril 2007
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13:44
Hier (3/4/07) les juges de Nanterre ont condamné pour insulte l'auteur de l'article "Burgaud, un cadre obéissant" et son journal "Libération" à dédommager leur collègue, le juge Burgaud.
Or qu'est-ce qui est le plus insultant ? Cet article ou bien la vanité de cette justice arbitraire, juge et partie, incapable du moindre recul, de la moindre sérénité, utilisant ses pouvoirs à seules fins de se protéger, de s'unir pour mutiler notre réflexion collective et consoler "le pôv petit juge" qui aurait, paraît-il, pleuré en lisant cet article ?
Si le juge ne voulait pas qu'on parle de lui ainsi, il avait tout loisir de ne pas refuser le huis clôt qui lui avait été proposé par les parlementaires. Il n'avait pas à se présenter en costume gris, apeuré, entouré de deux avocats, ne finissant aucune de ses phrases... sans présenter aucun remord ni aucune excuse... alors que par son activité (surtout s'il pense n'avoir commis aucune faute) il a fait souffrir jusqu'à la mort pour un, des dizaines de gens innocents.
Il aurait pu tout simplement tenter de comprendre pourquoi tous les innocentés d'Outreau l'avait tenu pour principal responsable ? Pourquoi ne s'est-il pas remis en question quand on l'a interpellé sur son inhumanité ? Pourquoi n'a-t-il pas reconnu sa vulnérabilité face à des menteurs ou des manipulatrices au lieu de camper dans son arrogance de lâche ? Parce qu'à son avis, tout a été parfait ? Pour lui, rien ne doit changer ?
Il mérite donc de se faire comparer à ceux qui raisonnent de la même façon que lui !
En tout cas, il n'a pas à empêcher la société de réfléchir à partir de son cas, de se poser la question cruciale, monstrueuse, que les générations précédentes (choquées) ont oublié d'élucider : comment tout un peuple, toute une administration... a pu ainsi exterminer des millions de gens ?
Dans l'article d'Emmanuel Poncet il n'est qu'une figure, une allégorie, nécessaire pour expliquer une hypothèse d'oraganisation mortifère, pour anticiper les conséquences d'un tel embrigadement de nos fonctionnaires. C'est le sel moyen de voir un jour une prise de conscience collective, et donc un courageux changement de mentalité chez les élites de notre pays. Pourquoi ne pas commencer par la révolution des magistrats ? Or Monsieur Burgaud fait l'outragé ! Quelle lacheté ! Comme si sa petite personne importait plus que l'enjeu que représente le dysfonctionnement chronique de notre pouvoir judiciaire. Comme si sa petite personne comptait plus que les milliers de victimes de notre justice ?
Comme si les acteurs de la société qui ont du pouvoir de tuer ou de ruiner (c'est le pouvoir d'un juge) n'avaient pas à se remettre en question ?
Une part de la réponse n'est-elle pas dans le respect "aveugle" de l'autorité sans condition par une multitude de petits gradés ? Si avant d'appliquer une règle, provenant d'une autorité, il précédait leurs décision de réflexion, de question sur la légitimité la pertinence l'adaptation ? Si les gens qui ont quelques pouvoirs s'écoutaient intérieurement afin d'évaluer la pertinence, la validité des ordres qu'ils exécutent ? Si on formait nos décideurs à cette prise de décision, nos juges à l'acte de juger, dans une perspective collective...
Ce jugement de collaborateurs des juges de Nanterre est une honte à l'intelligence et à la démocratie ! Je ne lui reconnaît aucune validité !
Claire Maillet
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